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 Interview avec 9GOATS BLACK OUT

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AuteurMessage
Kyôsuke
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Nombre de messages : 1893
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Localisation : Bordeaux
Date d'inscription : 13/05/2009

MessageSujet: Interview avec 9GOATS BLACK OUT   Dim 13 Sep - 8:17

Le groupe 9GOATS BLACK OUT n'est actif que depuis quelques mois, mais il a acquis dès le départ une certaine popularité, notamment auprès des fans de visual kei. Le premier mini-album "devils in bedside", pour lequel un système de prévente est mis en place, est en rupture des semaines avant la date de sa sortie. De plus, les critiques sont élogieuses.

JaME se devait de chercher à en savoir plus sur ce groupe particulièrement intéressant, c'est pourquoi, par un jour de pluie au mois de mars, nous nous sommes entretenus avec ses trois membres pour une interview introspective et édifiante.


Pouvez-vous vous présenter, s'il vous plaît ?

ryo : Je suis le chanteur de 9GOATS BLACK OUT, ryo.
utA : Je suis le guitariste, utA.
hati : Je suis le bassiste, hati. Ravi de vous rencontrer.

Votre nom de groupe, 9GOATS BLACK OUT, est très intéressant. Comment l'avez-vous choisi ?
ryo : Avant de monter le groupe, j'ai toujours voulu utiliser un jour le nom de 9GOATS BLACK OUT. Quand nous nous sommes réunis tous les trois, que nous avons commencé à faire de la musique et à travailler ensemble, nous avions besoin d'un nom, alors j'ai proposé celui-ci et ils ont accepté.

Quand avez-vous réfléchi au nom du groupe ?[/i
ryo : En fait, il y en a deux, un pour mes activités musicales, 9GOATS BLACK OUT, dans le sens de "production", et un autre, 9GOATS BLACK ART, pour tout ce qui est design. Je travaillais là-dessus avant de commencer à faire de la musique avec le groupe.

[i]Pourquoi avoir choisi le mot "GOATS" ? (ndlr : "chèvres" en français) Et pourquoi le chiffre 9 ?

ryo : Parce qu'il y a différentes significations, et dans la mesure où j'écris des paroles, je m'intéresse particulièrement aux significations qu'engendrent des combinaisons de mots. Les mots en eux-mêmes sont plutôt simples et n'ont pas de sens profond. Pour les Japonais, "9", "GOATS", "BLACK", et "OUT" sont des mots très simples, mais, ensemble, ils semblent avoir un sens beaucoup plus profond. Chaque mot peut être interprété individuellement, c'est pour ça que je les ai choisis. Pour être honnête, ils ont tous une autre signification également. Par rapport à "GOAT", c'est aussi mon signe astrologique, je suis Capricorne. Et j'ai choisi parmi de nombreux mots mes préférés; par exemple, "BLACK OUT" signifie aussi "inconscience". C'est pourquoi j'ai choisi cette association de mots, et cela a plu aux autres membres aussi.

Vous avez aimé l'idée ?
utA & hati : Oui. (rires)

Est-ce que le groupe a un concept particulier ?
hati : Notre concept, c'est de travailler pour que notre musique "résonne dans le coeur des gens". Même si les pays sont différents, je pense que cela ne change en rien ce que nous avons à transmettre.

Vous voulez dire à la fois à travers "votre musique" et "vos paroles" ? Est-ce que vous voulez "toucher le coeur des gens" ?
ryo : C'est ma propre interprétation, mais je vois notre musique comme un mélange artistique. L'art peut être uniquement composé de musique, ou de paroles seulement, mais lorsqu'on les combine, cela a plus d'effets. En tant que groupe, c'est un moyen d'expression naturel pour nous.

hati et utA, on ne trouve que très peu d'informations à votre sujet sur internet. Pouvez-vous nous en dire un peu plus à propos de votre rencontre avec ryo et comment vous avez décidé de monter un groupe ensemble ?
utA : Nous étions dans un autre groupe avant, GULLET, et lorsque le chanteur est parti, nous étions dans la même région, à Niigata.

Vous venez de Niigata ? Je pensais que vous étiez de Nagoya.
hati : Non, nous sommes tous de purs habitants de Niigata. (rires)

Alors vous avez joué à Niigata ?
hati : Nous nous connaissions, et à l'époque, je faisais partie du groupe Galruda. Nous avons participé à un évènement ensemble, et je l'ai juste salué. C'est lorsque nous avons demandé à ryo de réaliser le design pour la pochette d'un album de notre ancien groupe que nous avons vraiment commencé à discuter.
ryo : Vraiment ?
hati : Nous savions que ryo faisait du design, et on trouvait ses travaux vraiment cools. Alors nous lui avons demandé de faire le design pour la pochette de notre album, ce qui a été le point de départ de nos contacts avec lui. A l'époque, nous ne pensions pas travailler avec lui au sein d'un groupe. Après que notre groupe se soit séparé, nous sommes partis pour Tokyo en se disant "Nous monterons un groupe à Tokyo".

Alors vous êtes donc arrivés à Tokyo les premiers ?
utA : Oui. Mais quand nous sommes arrivés à Tokyo, nous n'arrivions pas à trouver un chanteur avec qui on aurait voulu travailler. Nous avons ensuite pensé à ryo; nous nous sommes dit que ses paroles et sa voix étaient idéales.
hati : Mais au début, il a refusé. (rires)
ryo : J'ai dit "Je ne fais pas dans les groupes". (rires)
hati : Il était convaincu qu'il ne ferait pas partie d'un groupe. (rires)
ryo : A part eux, j'ai reçu diverses propositions, la plupart étaient intéressantes et j'en étais reconnaissant, mais je ne voulais pas faire partie d'un groupe, à moins qu'il ne corresponde à ce que j'aspirais à faire. Alors j'avais l'habitude de dire "Je ne veux pas faire partie d'un groupe". Toutefois, à ce moment-là, on parlait aussi beaucoup d'autres choses, et j'ai eu l'occasion d'écouter ce qu'ils faisaient et de parler musique avec eux. Et progressivement, j'ai eu le sentiment que ce qu'ils faisaient pour leur avenir pourrait être très important pour moi. Alors j'ai commencé à penser que l'on pourrait créer quelque chose ensemble, même si je n'étais pas sûr du résultat. Et c'est comme ça qu'est né le groupe.

Aviez-vous déjà joué ensemble auparavant ?
ryo : Non, mais c'est le cas maintenant.

Est-ce qu'il a été difficile au début de vous habituer les uns aux autres, ou bien est-ce que cela a été facile ?
ryo : Il n'y avait que des problèmes. (éclate de rire)
hati : Nous étions toujours en retard au studio. Il n'y avait pas de batteur dans le groupe. Avant d'enregistrer, on passait beaucoup de temps sur la composition, et malgré tout, cela nous prenait du temps au studio. (rires)

ryo, cela fait un moment que vous êtes actif sur la scène musicale, et maintenant, vous êtes de retour, plus puissants que jamais. Comment s'est passé ce retour, et comment hati et utA ont-ils influencé votre style de musique ?
ryo : Je ne sais pas si je suis devenu meilleur ou non, mais le regard que je porte sur mon travail est particulièrement renforcé par l'envie de faire de la musique et de toucher le coeur des gens. Je sais que ce que je crée a le pouvoir de changer la vie des gens. La musique a eu un impact sur moi, c'est pourquoi j'ai commencé à en faire. Je suis heureux de pouvoir donner quelque chose en retour, même si cela peut être assez difficile.

ryo, avez-vous été influencé par les deux autres membres ?
ryo : Après que nous ayons monté ce groupe, ils ont été particulièrement à l'écoute de mes opinions. Au début, je disais "Je veux faire ça, alors pourquoi vous ne le faites pas comme ça ?" et ils contestaient environ 90% de mes idées. Le résultat, c'est notre musique. Je n'ai pas décidé de travailler avec eux pour leurs capacités ou leur talent, mais plus pour leur façon de faire de la musique. Leur attitude influence grandement mon style de musique. Nos goûts en matière de musique sont différents, mais leur regard sur ce que je fais est très important.

Est-ce que ryo vous demande des choses impossibles ?
hati : Non. Au contraire, nous avons appris beaucoup de choses. On se disait souvent "Ah, c'est bien, essayons ça". Maintenant, ça se passe bien, on laisse libre cours à notre musique.

ryo, le style de musique que vous faites avec 9GOATS BLACK OUT est particulièrement différent de celui que vous faisiez auparavant avec vos anciens groupes. Comment cela se fait-il et est-ce qu'il y a eu quelque chose en particulier qui a influencé ce changement de style ?
ryo : Il y a deux raisons à cela. Tout d'abord, lorsque j'ai fait la comparaison entre le genre de musique que j'écoutais quand je faisais partie de GULLET et ce qui m'intéressait pendant mes années de hiatus avant 9GOATS BLACK OUT, mon regard sur la musique et ce que j'avais envie d'exprimer ont considérablement changé. J'ai commencé à m'intéresser à différents styles musicaux, et je voulais émouvoir le public non pas avec des rythmes rapides, mais avec ma voix et mes capacités. Ce changement est une des raisons. Et d'autre part, le style de 9GOATS BLACK OUT est différent de celui de GULLET et de Galruda. Dans GULLET, il y avait cinq personnalités différentes dans la mesure où il y avait cinq membres. On faisait de la musique en essayant de faire des compromis, alors le style du groupe était un mélange de différentes choses. Mais avec 9GOATS BLACK OUT, c'est plutôt "Je veux faire ce genre de musique". Je pose les bases, ils y travaillent, et on en discute pour ensuite procéder à la finalisation. Le processus de production est complètement différent, et il en résulte un style de musique différent lui aussi.

"devils in bedside" était déjà en rupture des semaines avant sa date de sortie officielle. Vous attendiez-vous à cette énorme demande et comment avez-vous réagi quand tous les exemplaires ont été vendus ?
Tous : Nous avons été surpris. (rires)
hati : J'en étais content.

Ne vous y attendiez-vous pas ?
hati : Non, nous nous y attendions pas. A part sur notre site internet, nous n'avions pas fait de publicité.

Je pense que les gens vous attendaient.
ryo : Même si c'était le cas, je ne m'y attendais pas. Je n'avais fait aucune promotion. J'avais été invité à des sessions environ une fois par an, juste pour s'amuser, donc, à part ça, je ne participais pas à la scène musicale. Comme vous le savez, les ventes de CD sont en baisse partout dans le monde maintenant. Les gens peuvent avoir des chansons via internet, ce qui est une bonne chose à mon avis, mais j'ai entendu dire que les auteurs y perdent beaucoup. Ensuite, nous qui sommes un groupe qui n'appartient à aucune scène en particulier, avons annoncé la sortie de notre CD et avons commencé à le distribuer. Nous n'avions aucune idée du nombre d'exemplaires qu'il nous fallait. On se disait que ce serait bien de vendre environ 300 CDs. (rires) Alors, 1000 CDs seraient suffisants, en comptant les exemplaires à donner à différentes personnes pour leur donner l'occasion de l'écouter. C'est alors qu'il y a eu 500 commandes le premier jour, puis plus de 1000 dans les dix jours qui ont suivis.

C'est incroyable. Surtout à l'ère d'internet.
ryo : Oui, j'en suis très reconnaissant.

Est-ce qu'il y avait de la musique sur votre site internet ?
ryo : Nous avions mis trois extraits de notre album sur notre site officiel.
hati : J'ai été très content quand j'ai vu que quelqu'un avait écrit sur le bon de commande "J'ai aimé la chanson sur votre site internet".

Quelles étaient les trois chansons ?
hati : C'était la première piste, sink, la troisième, Yasou -nocturne- et la quatrième, Den Lille Havfrue.

Avez-vous fait quelque chose de spécial pour fêter ça ?
hati : On a mangé thaïlandais. (rires)

Votre musique est très mélancolique et sombre. De quoi vous inspirez-vous ?
hati : De tout. De ma vie de tous les jours, de la musique que j'écoute, ou encore de mes sentiments à ce moment-là. utA compose la plupart des chansons, mais je ne cherche pas à ce qu'elles soient tristes ou sombres.

utA, Sous quelle forme présentez-vous les chansons au groupe ?
utA : Des fois, je leur présente des chansons avec les sons de batterie et de basse, ou avec des rythmes et des sons de guitare; en gros, ce que j'ai en tête ce jour là.

C'est un peu triste, non ?
utA : Oui. Je pense que cela fait partie de ma nature.

Vous avez donc toujours de l'inspiration pour faire de la musique ?
utA : Ce n'est pas comme si je disais "Je vais faire de la musique" et ça vient tout seul. Des fois, c'est "Je ne peux pas le faire maintenant, alors je reprendrai à partir de là plus tard".

(En s'adressent à ryo) Vous ajoutez alors les mélodies et les paroles. Est-ce qu'écouter de la musique vous donne de l'inspiration ?
ryo : Ils enregistrent des démos temporaires, ensuite je réfléchis à la mélodie en ne tenant pas compte de la façon conventionnelle de faire de la musique qui veut que l'on commence par une intro pour ensuite travailler sur la mélodie A. Au lieu de ça, je fais un interlude à la place d'une mélodie B par exemple. Je compose la mélodie comme je le sens. La plupart du temps, ce que je fais devient naturellement triste, et pourtant, je ne travaille pas dans ce sens. C'est plutôt "Ici, je veux introduire ceci" ou "Je veux que la progression se fasse comme cela". Je ne sais pas pourquoi cela finit par être triste. En ce qui concerne mon inspiration, j'imagine des images. Par exemple, cette chanson représente "une mer, de nuit" ou "une forêt profonde". Quelque part, je ressens l'atmosphère de l'image, et je compose ainsi les mélodies. Quand la musique et les mélodies vont bien ensemble, les paroles viennent alors naturellement. La plupart du temps, je ne m'inspire pas de quelque chose en particulier.

Est-ce que vous gardez des textes en stock ?
ryo : Je ne mets pas les paroles par écrit, donc non, pas du tout.

Comme vous l'avez dit précédemment, votre façon de composer des chansons n'est pas du tout conventionnelle.
ryo : Dans mon ancien groupe, nous avions l'habitude de faire de la musique comme quand on fait un boeuf, c'est à dire que celui qui compose, le bassiste ou le guitariste, posait les bases de la chanson. Ensuite, nous décidions du tempo et du rythme, et une fois le premier refrain terminé, j'avais fini les mélodies. En gros, le premier refrain était terminé avant de passer au chant et à l'arrangement. Ensuite, nous passions à la composition et nous travaillons aux détails des sons et des paroles. Et enfin, nous finissions la chanson en décidant de comment elle devait se terminer. C'est comme ça que nous avions l'habitude de faire des chansons. Mais maintenant, nous faisons des démos, puis j'ajoute mes chansons, je change le rythme, et nous faisons l'arrangement jusqu'à obtenir un certain résultat. Ensuite, j'écris les paroles, et je détermine le titre selon l'histoire que raconte la chanson. La chanson est alors enfin terminée. C'est comme ça que l'on procède maintenant.

En écoutant devils in bedside, il semble que vous ayez apporté un soin particulier à créer une atmosphère, comme si chaque chanson nous entraînait dans son petit monde. Est-ce que vous aviez prévu à l'avance de rendre l'atmosphère aussi intense ? Est-ce que cela correspond à votre concept, ou bien est-ce que cela s'est développé au fur et à mesure ?
hati : Au début, c'était difficile, on se demandait "Qu'est-ce qui fait le son de 9GOATS BLACK OUT ?" On en avait une vague idée, mais c'était difficile à déterminer. La première étape a prit beaucoup de temps.

Quelle chanson de l'album vous a pris le moins de temps à faire ?
hati : Ça doit être Yasou -nocturne-.

Ah, je vois. Et quelle chanson a été la plus difficile ?
hati : 690min peut-être ? (rires) utA et moi l'avons tuée (rires), mais une fois la mélodie et les paroles ajoutées, cela ressemblait plus à du 9GOATS BLACK OUT.

Est-ce qu'il a été facile de déterminer l'ordre des chansons ?
ryo : J'ai interverti sink et float au dernier moment. Ces chansons sont liées au thème principal de l'album. J'ai hésité parce que je me demandais si le soleil se levait dans float pour ensuite se coucher avec sink, ou inversement. Pour le reste, les membres étaient d'accord avec la façon dont je voulais développer l'histoire, alors je n'ai hésité que pour la première et la dernière chanson.

On sent que le tout est connecté quand on écoute l'album en boucle.
ryo : Le son utilisé dans l'intro donne aussi cette impression. (rires)

Toutes les chansons de l'album font preuve d'originalité et de créativité, et on sent que tout a été pensé et travaillé. Comment avez-vous créé cet album ?
ryo : Je pense que le fait de ne pas avoir de batteur a joué un grand rôle. Nous nous demandions quand nous devions nous annoncer, s'il fallait attendre d'avoir un batteur pour les concerts. Il se pouvait que l'on ne pourrait pas trouver de batteur avant longtemps, alors nous avons commencé à faire notre album, à préparer nos chansons. Pour faire de la musique et pour l'enregistrement, nous avons utilisé internet, en s'échangeant des données.

Vous faisiez de la musique comme ça ?
ryo : Au début, aucun de nous n'avait les installations nécessaires pour commencer à enregistrer. Après que nous ayons décidé de faire un album, nous devions adapter notre matériel en conséquence, alors nous nous sommes équipés en Mac, avons mis en place un réseau, avons appris comment l'utiliser, et avec notre serveur commun, nous nous transmettions des chansons. Nous avons ainsi créé un environnement pour enregistrer nos chansons.

Les paroles de vos chansons sont profondes et expriment beaucoup de choses. Pourriez-vous nous dire de quoi elles parlent pour ceux qui ne comprennent pas le japonais ?
ryo : Les paroles de cet album parlent de mon père et de celui d'utA; ils sont tous les deux tombés malades. Mon père a eu un cancer de l'oesophage, et son père, un cancer du pancréas. Et lorsque nous étions en train de rassembler nos chansons, mon père a subi une lourde opération; son père, quant à lui, est décédé. Ces paroles parlent d'eux, principalement. sink parle de mon père, et le titre 690min correspond au temps entre l'entrée et la sortie de mon père de la salle d'opération. Il y a des histoires individuelles dans chaque chanson, j'ai donc écrit six histoires, réunies tel un recueil de nouvelles. Toutes les parties ne sont pas parfaitement ou directement liées. Toutefois, si l'on me demandait "Que vouliez-vous raconter à travers votre album ?", je dirais que mes chansons parlent de "comment il a perdu quelqu'un de cher à ses yeux, de ce qu'il a ressenti, ses pensées, de ce qui a été douloureux pour lui, et de ce qu'il a décidé de faire à partir de là". J'avais l'image de "la faucheuse qui attend, dans une chambre d'hôpital, la mort d'un patient en phase terminale", alors j'ai choisi le titre de devils in bedside, en imaginant des démons au chevet des gens, et en ajoutant la nuance de "faites attention, ils vont emporter avec eux les personnes qui vous sont chères !"

Ce sont donc des histoires vraies.
ryo : Les paroles que j'écris sont toujours basées sur mes expériences. Je leur donne un ton sombre, ou bien je les modifie pour qu'elles soient lues différemment, mais en gros, ce sont des histoires vraies, mes expériences personnelles.

Le thème est relativement dur, avec des personnes qui meurent ou bien qui se retrouvent séparées de ceux qu'ils aiment.
ryo : A l'origine, avant de commencer avec ce groupe, mon thème était celui de "l'évolution des sentiments humains". Alors en ce qui concerne les chansons d'amour ou les chansons pop, ce qui était le plus important pour moi, plus que les chansons en elles-mêmes, les ventes ou les sorties, c'était la façon dont était exprimées la musique et les paroles. Je sais qu'il n'y a pas mille façons d'écrire une histoire, mais je n'écris que sur ce qui se passe autour de moi, même si j'étoffe un peu.

Est-ce que vous voulez susciter de l'intérêt grâce à votre musique seulement, ou bien est-ce que vous avez un message que vous voulez transmettre ?
ryo : Les deux, je pense. Vous pouvez écouter notre musique tout simplement, ou chercher plus loin en s'intéressant au thème que nous avons introduit dans notre album. Que ce soit pour le côté musical, ou pour trouver ce qu'il y a derrière, cet album est a été fait pour que chacun puisse y trouver son compte.

L'expérience d'être séparé des personnes qui nous sont chères, comme la famille, les amoureux, et les amis, peut être différente pour chacun. Je pense que les gens écoutent la musique en pensant à leurs propres proches.
ryo : En ce qui concerne la quatrième chanson, je l'ai écrite de façon à ce qu'elle puisse être considérée comme une chanson d'amour. Certains n'ont pas fait l'expérience de voir des membres de leur famille tomber malade, ou bien de voir mourir une personne que l'on aime. Mais tout le monde a quelqu'un de cher à ses yeux, la personne dont on est amoureux, des frères, ou encore des amis, c'est pourquoi j'ai écrit de façon à ce que ça parle à chacun.

Vous avez choisi le danois pour la quatrième chanson de votre album, Den lille Havfrue, pourquoi ? Et est-ce que cette chanson fait référence à la statue d'une sirène au Danemark et à son conte de fée, ou bien est-ce qu'elle a une autre signification ?
ryo : Oui, cela a beaucoup à voir avec ça. (rires) J'avais en tête des images d'une "mer, la nuit" et d'un "ciel étoilé", tout en pensant au fait que "J'ai perdu la personne qui m'était chère" et que "C'est un fait, je ne la reverrai plus". Quand j'ai écrit les mélodies et les paroles, je pensais à ce qu'elles exprimaient, je me suis souvenu d'un conte de fée racontant l'histoire d'une sirène, et j'ai trouvé que "cela ressemble vraiment à la fin de l'histoire". A l'époque, je ne connaissais pas le titre en danois, mais je pensais que si je mettais le titre en japonais, à savoir Ningyohime, les gens ne percevraient pas tout le sens. C'est en réfléchissant à la façon de transmettre le thème et le dénouement tragique de cette légende que j'ai trouvé le titre original. J'ai trouvé que cela correspondait parfaitement. Donc oui, comme vous l'avez dit, la statue de la sirène a beaucoup à voir avec cette chanson.

Est-ce que vous vous intéressez aux pays scandinaves en général ? Si oui, pourquoi ?
ryo : Je ne m'y connais pas particulièrement en ce qui concerne les pays scandinaves, mais j'aime beaucoup l'image que nous, Japonais, avons du Nord de l'Europe. Niigata est comme ça (rires).

Au Japon, Niigata, c'est comme la Scandinavie (rires) ?
ryo : Niigata est situé dans le nord, et la mer est froide en hiver (rires). Je pense que l'on sait ce que c'est. Et j'ai entendu dire qu'il y avait un peuple Goth en Scandinavie (des Allemands originaires du sud de la Suède ), qui est à l'origine du mot goth. Je m'y intéresse parce qu'il y a le mot "Goats" dans notre nom de groupe, et en Japonais, "Goth" se prononce pareil, c'est intéressant. J'ai envie de visiter Copenhague.

ryo, vous ne faites pas seulement de la musique, vous êtes également designer. Pouvez-vous nous dire ce que vous faites et comment vous trouvez des idées, notamment pour la pochette de l'album "devils in bedside" ? Quelles sont vos influences ?
ryo : Quand j'écris des paroles et des mélodies, les images viennent d'elles-mêmes, alors je ne peux pas réaliser le design de la pochette d'un album sans comprendre la musique ou l'histoire que les chansons racontent. Alors mes idées proviennent des thèmes originaux de ce que je dois créer. Des fois, je suis également influencé par différentes choses dans le domaine de l'art, comme des films ou des livres.

Comment avez-vous trouvé l'idée pour la pochette de l'album de devils in bedside ?
ryo : Quand nous avons fait la démo, il y a quelqu'un qui a posté une photo sur son site. Dans la mesure où elle était libre de droits, je l'ai utilisée lorsque j'ai fait des CDs pour les membres du groupe, et leur réaction a été très positive, alors je l'ai gardée. C'est notre premier CD, alors j'ai utilisé l'image d'une chèvre en rapport avec le nom de notre groupe. Concernant l'image en fond et à l'intérieur de l'album, j'ai fait en sorte que cela corresponde au thème.

Est-ce que vous utilisez des photos pour faire du design ?
ryo : Oui, mais pour le design de ce CD, j'ai aussi dessiné les illustrations moi-même. Quand je faisais partie de GULLET, j'avais l'habitude de faire les illustrations moi-même, de les scanner, et de les travailler à l'ordinateur.

Alors quand ce n'est pas pour 9GOATS BLACK OUT, vous écoutez attentivement la musique et réalisez le design à partir des images que cela vous évoque ?
ryo : Oui. En ce qui concerne le design de pochettes de CDs, je ne peux pas faire de bons designs sans écouter les chansons ou si je n'ai pas idée du style de musique.

Pourquoi avez-vous décidé de monter votre propre label (dalli) au lieu d'en rejoindre un déjà existant ? Quelles sont les avantages et les inconvénients d'avoir votre propre label ?
ryo : Je pense que notre musique n'est pas "une musique qui touche directement le public". Bien sûr, je pense au public et au fait que les ventes ont un impact sur les activités de notre groupe. Toutefois, dans la mesure où plus de gens écoutent notre musique, ce serait plutôt superficiel. J'aurais peur que nous soyons épuisés avant d'avoir pu instaurer la musique de 9GOATS BLACK OUT. Nous aurions été minés avant d'avoir pu atteindre notre objectif. Alors nous nous sommes dit que nous allions travailler tous seuls, et nous avons créé notre propre label. Mais il y avait des choses que nous ne pouvions faire nous-mêmes, alors nous nous sommes adressés à Mademoiselle Arakawa (zoisite) pour lui demander de nous aider, en lui disant "Nous ferons tout notre possible, alors aidez-nous pour ce que nous ne pouvons pas faire, s'il vous plaît" (rires). Nous lui en sommes extrêmement reconnaissants, et sans elle, nous n'aurions pas eu une telle opportunité.

Quand Mademoiselle Arakawa m'a présenté votre travail et que j'ai écouté votre musique, j'ai trouvé que c'était vraiment bien. J'ai aussitôt parlé de vous à l'équipe de JaME, mais il s'est avéré qu'elle vous connaissait déjà, via internet.
ryo : Vraiment ? Merci beaucoup. C'est une des raisons pour lesquelles nous avons créé notre propre label. Nous voulons continuer à faire de la musique qui puisse atteindre un public qui s'intéresse vraiment à nous, sans passer par les médias. Le public sait ce qu'il aime, il a un bon sens pour ça, j'en suis convaincu.

Vous avez récemment ouvert un compte MySpace. Est-ce que vous avez l'impression que cela vous permet d'entrer plus facilement en contact avec vos fans, et est-ce que c'en était le but ?
ryo : Nous ne sommes pas doués pour être aimables avec les fans (rires). Dans la mesure où nous ne faisons pas beaucoup de publicité, de distribution de flyers ou d'apparitions dans les médias, nous nous sommes inscrits sur MySpace parce que c'était un moyen facile pour faire ce que l'on voulait. Après que nous nous soyons inscrits, ça a été longtemps laissé à l'abandon (rires). Mais récemment, ça a commencé à bien marcher.

Que voulez-vous dire par laissé à l'abandon ?
hati : J'ai fait l'inscription, mais je ne savais pas comment l'utiliser (rires).

En tout cas, le nombre de visiteurs augmente de jour en jour, c'est incroyable.
hati : Ah, merci. Nous n'avons pas encore envoyé de messages ou quoi que ce soit, mais nous en avons reçu, non seulement du Japon mais aussi de l'étranger, qui disaient des choses comme "J'adore écouter votre musique". Cela nous encourage beaucoup. Je pense qu'il y a beaucoup de paroles qu'ils ne peuvent pas vraiment comprendre, mais nous sommes reconnaissants quand des personnes vivant à l'étranger disent "c'est bien" juste en écoutant notre musique.

C'est comme vous l'aviez dit précédemment, que vous pouvez toucher le coeur des gens, malgré la barrière linguistique.
hati : Oui, on nous encourage beaucoup pour ça.

Cela ne fait pas longtemps que vous avez monté ce groupe, mais vous suscitez déjà beaucoup d'intérêt à l'étranger. Etiez-vous au courant, et quel est votre sentiment à ce sujet ?
utA : J'en suis conscient, bien sûr, et j'en suis très heureux. Je sais que nous devons d'abord faire des concerts au Japon, mais après, nous pourrons aller à l'étranger. Nous voulons transmettre notre musique directement au public.

Je me demande comment vous allez recréer sur scène l'univers musical de votre CD.
utA : Nous sommes en train de travailler dur pour pouvoir présenter quelque chose qui répondra aux attentes.

En concert, ce sera certainement différent par rapport au CD.
ryo : Oui, je pense. L'atmosphère changera un peu, nous ne le nions pas. Et nous jouerons certaines chansons un peu différemment.
hati : J'ai hâte, et je souhaite que les gens écoutent plus notre musique.

Est-ce que vous vous attendiez à une telle réaction du public étranger ?
hati : Pas à ce point. Je pensais que certains qui connaissaient GULLET avaient vu notre site officiel et écouté notre musique. Nous avons eu des commandes venant de l'étranger aussi, et j'étais content de lire des commentaires tels que "J'ai écouté votre musique sur votre site et j'ai acheté votre album".
ryo : J'envisageais un peu l'étranger. Quand je faisais partie de mon ancien groupe, il y avait des gens qui venaient de Taïwan, alors je me disais que c'était plus facile d'avoir un public asiatique, dans la mesure où ils vivent plus près de nous. Mais cette fois, nous avons eu des retours de la part de gens habitant dans le nord de l'Europe et aux Etats-Unis. Je pense que c'est une période où le visual kei est vraiment très présent, mais j'espère que nous pouvons créer quelque chose qui perdurera. Je suis reconnaissant pour notre situation actuelle, j'en suis très heureux.

Votre musique n'est pas typique du visual kei, n'est-ce pas ?
ryo : Je ne me soucie pas vraiment de la scène ou des labels auxquels nous appartenons.

Je pense que c'est mieux de ne pas déterminer ce genre de choses. Une fois que l'on est dans une maison de disque, on est soumis à des dates limites, comme des marchandises.
ryo : En général, les artistes veulent se distinguer les uns des autres. J'étais aussi comme ça, du genre "les autres font ça, alors nous allons faire autre chose". Des fois, on se sent étouffés. On pense trop à combien on doit se différencier des autres. Maintenant, je me dis que si nous faisons ce que nous avons envie de faire, c'est ce qui fera notre originalité. Nous ne sommes pas là à penser "nous devons faire des concerts" ou "nous devons sortir quelque chose entre ces périodes". Nous voulons faire notre musique quand nous le pouvons, à notre propre rythme.

En ce qui concerne vos looks, vous n'avez pas l'air visual kei non plus.
ryo : C'est vrai. Cet album, c'est uniquement notre musique, sans costumes, ni maquillage. Nous ne savions pas quelle réaction auraient les gens en écoutant nos chansons, alors nous les avons sorties en se disant "nous ferons ce dont nous avons envie". Nous ne nous soucions pas du tout de ça.

Pouvez-vous nous dire quelque chose sur l'avenir de 9GOATS BLACK OUT ? A quoi les fans peuvent-ils s'attendre ?
ryo : Si c'est possible, nous aurons un batteur, et nous voulons faire des concerts. Ce n'est pas encore déterminé, mais j'espère que nous accomplirons encore plus de choses dans l'année. Toutefois, nous n'avons rien planifié. Nous estimons que nous avons fini quelque chose quand nous en sommes satisfaits, alors nous ne pouvons rien promettre. Mais si c'est possible, nous aimerions sortir quelque chose cette année.

Un message pour les lecteurs de JaME ?
utA : Nous allons continuer à travailler selon notre concept de "ce qui résonne dans le coeur des gens". Je sais qu'il y a une barrière linguistique, mais nous irons au delà de ça. Nous allons faire de la musique qui vous parlera et qui vous restera en tête. Alors continuez à nous apporter votre soutien, s'il vous plaît.
hati : La pochette de notre album est liée à notre musique, mais pas seulement, alors je souhaite que vous ressentiez différentes choses à travers notre musique et nos visuels, telle que la pochette de notre album. Et nous voulons continuer sur cette voie.
ryo : Avec 9GOATS BLACK OUT, nos activités sont différentes de celles des groupes existants, ou de celles de mes anciens groupes. Nous sommes en train de nous chercher, alors nous ne pouvons pas dire avec certitude aux lecteurs de JaME quand nous allons sortir un nouveau CD, ou quand allons-nous faire un concert. Toutefois, nous allons travailler dur, croire en nous, et faire en sorte que nous valions la peine d'être attendus.
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Interview avec 9GOATS BLACK OUT
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